Béziers : comment une garde d’enfants est devenue la complice présumée de tueurs à gages
Le narcotrafic moderne multiplie les profils improbables. À l’ère des réseaux sociaux, les organisations criminelles recrutent désormais des profils insoupçonnables pour leurs opérations les plus sensibles. L’arrestation d’une jeune femme à la double vie révèle les nouvelles méthodes de recrutement des trafiquants.
De garde d’enfants à complice présumée de tueurs à gages
Alicia P., âgée de 23 ans, menait en apparence une existence ordinaire. Employée par la société Babychou comme garde d’enfants, elle consacrait ses week-ends à sa passion pour l’équitation. Sur les réseaux sociaux, elle se faisait appeler « Vrunkette ».
Mais derrière cette façade se cachait une tout autre réalité. La jeune femme est aujourd’hui mise en examen pour complicité de tentative de meurtre en bande organisée. Elle aurait joué un rôle crucial dans l’exfiltration de deux tueurs à gages après une fusillade survenue à Béziers en octobre 2024.
Une mission rémunérée 1 000 euros
Les investigations ont révélé qu’Alicia P. aurait transporté les deux tireurs après leur opération. En échange de ce service à haut risque, elle aurait perçu la somme de 1 000 euros.
Cette intervention s’inscrivait dans un contexte de guerre territoriale pour le contrôle d’un point de deal dans la ville de Béziers. Les affrontements pour reprendre cette zone stratégique ont conduit à la fusillade impliquant les deux hommes qu’elle aurait exfiltrés.
Les « jobbeuses », nouvelles recrues du narcotrafic
Alicia P. appartenait à une catégorie émergente dans le monde du trafic de stupéfiants : les « jobbeuses ». Ces intermittentes du narcotrafic sont recrutées via les réseaux sociaux pour effectuer des missions ponctuelles.
Leurs tâches sont variées et essentielles au fonctionnement des réseaux. Elles assurent le transport d’armes, de drogue et d’argent liquide. Elles participent également au repérage, à la logistique, ou encore à la location de véhicules et de logements.
Un mode opératoire moderne
La jeune femme aurait régulièrement convoyé armes, stupéfiants et argent pour le compte du réseau criminel. Ce recrutement via les plateformes numériques permet aux organisations de multiplier les profils insoupçonnables et de brouiller les pistes.
Une enquête impliquant une dizaine de personnes
L’affaire s’inscrit dans une investigation de grande envergure. Une dizaine de personnes sont concernées par cette procédure judiciaire, dont Charlène et Noura, également mises en examen dans ce dossier.
Cette enquête met en lumière les nouvelles stratégies de recrutement des réseaux de narcotrafiquants. En ciblant des jeunes femmes sans antécédents, les organisations criminelles espèrent échapper à la surveillance policière et optimiser leurs opérations.

